Doublement des franchises médicales : un projet gouvernemental qui inquiète
En août 2025, le Gouvernement a annoncé son intention de doubler les franchises médicales. Présentée comme une mesure nécessaire pour réduire le déficit de l’Assurance maladie, cette réforme suscite de vives critiques. Associations, syndicats et patients dénoncent une décision qui risque de peser surtout sur les personnes malades et fragilisées. La FNATH (Fédération nationale des accidentés du travail et des handicapés) s’est engagée en première ligne contre ce projet.
Qu’est-ce qu’une franchise médicale ?
La franchise médicale a été instaurée en 2008. Elle correspond à une somme déduite automatiquement des remboursements de l’Assurance maladie sur certains actes et produits de santé.
- Actuellement, son montant est de :
0,50 € par boîte de médicaments,
0,50 € par acte paramédical (infirmier, kiné, etc.),
2 € par transport sanitaire.
Ces prélèvements sont plafonnés à 50 € par an et par patient. Ils ne sont jamais remboursés par les complémentaires santé. Certaines personnes en sont exonérées : les enfants et adolescents de moins de 18 ans, les femmes enceintes à partir du 6ᵉ mois et les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire (CSS).
Le projet du Gouvernement en août 2025
- Le Gouvernement souhaite doubler ces franchises :
- 1 € par boîte de médicaments,
- 1 € par acte paramédical,
- 4 € par transport sanitaire,
avec un plafond annuel porté de 50 € à 100 €.
Selon l’exécutif, cette réforme permettrait d’économiser environ 1,5 milliard d’euros par an et contribuerait à la soutenabilité de l’Assurance maladie.
Le Gouvernement affirme que les exonérations actuelles seront maintenues. Cependant, les personnes souffrant de maladies chroniques, de handicaps ou nécessitant un suivi médical régulier seraient parmi les plus touchées.
Des critiques nombreuses
Pour ses opposants, cette réforme constitue une injustice sociale. En effet, les franchises ne sont pas proportionnelles aux revenus : elles pèsent donc plus lourdement sur les personnes modestes et les malades chroniques.
De plus, aucune étude n’a montré que les franchises médicales réduisent les consommations de soins jugées « inutiles ». Au contraire, elles risquent de freiner l’accès aux soins pour certains patients fragilisés.
La mobilisation de la FNATH
La FNATH, association reconnue d’utilité publique, défend depuis des décennies les droits des accidentés du travail, des malades professionnels et des personnes handicapées. Elle dénonce ce doublement des franchises comme une mesure discriminante et injuste.
Ses actions :
Interpeller les pouvoirs publics pour demander le retrait du projet,
Informer les citoyens sur l’impact concret de la réforme,
Envisager des recours juridiques si le texte était adopté sans mesures de protection spécifiques.
La FNATH rappelle que le financement de l’Assurance maladie devrait reposer sur une solidarité partagée et non sur les malades eux-mêmes. Elle appelle le Gouvernement à privilégier d’autres pistes, comme la lutte contre la fraude sociale et fiscale ou la révision de certaines exonérations de cotisations.
Un débat de société
Le doublement des franchises médicales soulève une question essentielle : quelle place donner à la solidarité dans notre système de santé ?
Entre impératif budgétaire et justice sociale, la mesure divise. Là où le Gouvernement met en avant la nécessité d’équilibrer les comptes, la FNATH et de nombreuses associations rappellent que l’accès aux soins doit rester un droit universel, particulièrement pour les plus fragiles.
Le débat est loin d’être clos. Les prochaines semaines seront décisives pour savoir si cette réforme sera adoptée, modifiée ou abandonnée.
📌 En résumé :
Les franchises médicales vont doubler si le projet est adopté.
Les malades chroniques, handicapés et accidentés seraient les premiers touchés.
La FNATH mène des actions pour dénoncer et contrer cette mesure jugée injuste.